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Ouest Magazine

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Découvertes

Jean Galfione : La vague à l’âme

01 juillet 2020

Jean Galfione base de lorient
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L’ancien perchiste, médaillé d’or olympique à Atlanta en 1996, champion du monde et recordman du monde en salle est venu à la voile sur le tard. Régatier depuis 2004, il se prépare actuellement pour la prochaine Route du Rhum. Rencontre.


Comment se retrouve-t-on du jour au lendemain à prendre le grand large ?
En 2004, un an avant la fin de ma carrière d’athlète, j’ai des copains navigateurs qui m’ont emmené avec eux sur des régates où il fallait embraquer très fort et tenir la manivelle. Moi j’adorais le bateau et la voile, je ne naviguais pas beaucoup, pas du tout en régate, et tout de suite ils ont vu que l’envie était là.  Ça a été un concours de circonstance car au même moment l’un des équipiers a été contacté pour faire des tests pour l’America’s Cup et m’a proposé de la tenter. Je suis donc partie faire des tests en Espagne pendant 15 jours avec une équipe française qui se montait à l’époque. Ils m’ont embauché et je me suis retrouvé face à un dilemme car j’avais encore un pied dans ma carrière d’athlète. En 2005 j’ai donc alterné entre 15 jours d’entraînement à Paris pour la perche et 15 jours à Gandia en Espagne où la base était installée. Ça a été une année éprouvante mais ceci dit le défi c’est que j’ai réussi à gagner mon poste sur le bateau et puis j’ai réussi à me requalifier aux Championnats du monde et finir 6ème sur un Championnat d’Europe en salle. Souvent je dis que j’ai trois grands moments de fierté dans ma carrière : mon titre olympique, les 6 mètres et ce combat pour revenir parmi les grands et arrêter là-dessus.

La dernière Route du Rhum en 2018 ne s’est pas passée comme prévu, avec des conditions météos très défavorables.
La construction d’une carrière ça se fait dans le temps et mon sponsor Marc Le Bras de Serenis Consulting l’avait bien compris. C’était un aléa sportif et aujourd’hui on est reparti sur la construction d’un bateau neuf. On a pris le temps l’année dernière et là on est en train de peaufiner et terminer les derniers plans et ajustements avant de lancer le moule pour une mise à l’eau en mars 2021. Le bateau s’appellera évidemment Serenis Consulting mais moi tous mes bateaux s’appellent « Talenta », qui est un acronyme d’Atlanta. Je suis arrivé un jour devant le bureau des douanes et il fallait un nom et je n’y avais pas trop réfléchi avant mais je voulais quelque chose en rapport à ma première vie.

Qu’allez-vous faire de différent pour la prochaine Route du Rhum qui se déroulera en 2022 ?
Je fais vraiment le parallèle avec ma première vie d’athlète et à quand il y avait des échecs, de ne surtout pas tomber dans des raisons et des excuses qui n’ont pas lieu d’être. Il y a pleins de raisons mais parfois on se focalise sur des choses qui ne sont pas si importantes que ça et on oublie les choses sur lesquelles on peut avoir un impact. C’est tout un cheminement stratégique : il faut mettre en perspective tous les éléments qui font qu’un projet existe comme lorsque j’étais athlète. Il fallait que je travaille le sprint, la vitesse, la détente, la musculation… et il y a des choses que l’on aime pas du tout faire. Il y a sûrement eu des parties dans ma préparation que je n’ai pas su faire correctement donc l’idée c’est de tout mettre à plat, entouré d’un coach qui regarde avec moi et qui soit là pour cocher les cases des choses qui sont faites. Pour progresser j’ai fait pas mal de Diam 24 l’année dernière pour ressentir un peu plus le bateau, les sensations de réactivité d’une coque, que l’on ressent un peu moins sur les gros bateaux. J’ai fait la saison en Diam 24 sauf le Tour de France, j’ai participé aux stages d’automne du Figaro puis j’ai fait quelques stages en compagnie de Tanguy Leglatin.

A vous entendre on comprend que rien n’est jamais écrit, pour faire référence au titre de votre livre paru en 2019.
Dans ma vie si j’avais suivi ma voie dès le début je n’aurais déjà pas fait de sport à haut niveau parce que je n’étais pas prédestiné à cela. J’étais nul à l’école mais j’ai fini par faire des études parce que le sport m’a ouvert une voie et m’a donné une énergie. C’est en avançant qu’on se rend compte qu’il y a des choses qui se dessinent, qui s’ouvrent. Je ne crois pas du tout au destin. Je crois qu’il faut se bouger, tenter, essayer et c’est là où les portes s’ouvrent, où les rencontres se créent et puis tant que l’on reste honnête avec sa passion, les choses finissent par arriver et parfois on se trompe aussi. C’est ça qui m’a fait avancer.

Vous êtes issu d’une famille proche des marins-pêcheurs et votre grand-père était médecin dans la Marine Nationale, le destin fait semble-t-il bien les choses.
C’est clair que depuis que je suis enfant, avec mon grand-père, mes parents, mes copains, j’allais pêcher. J’ai baigné dans les histoires de marin, de la mer, de bateaux et quand on m’en parlait lorsque j’étais athlète j’avais des étoiles dans les yeux. Quand je partais en meeting ou en stage dans les aéroports je lisais tous les magazines de voile (rires). Tous ces aventuriers m’inspirent. Il y a un rapport incertain à la mer, avec laquelle on doit composer et puis il y a la magie de l’objet bateau, du bateau de pêche jusqu’au grand voilier et les hommes qui ont navigué dessus et écrit ce qu’ils ont vécu, comme Bernard Moitessier ou Éric Tabarly.
 
Merci à Jean Galfione et son sponsor Serenis Consulting ainsi qu’à La Base de Lorient pour l’accueil.





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