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Ouest Magazine

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Découvertes

quotidien d'une pharmacie

03 avril 2020

facade
mme Du Mesnil
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Interview de Vanessa Du Mesnil
Pharmacie centrale- Vannes 
 
Question comment se passe le quotidien d’une pharmacie en période de Covid 19 et de confinement ? 
 
Un roulement avec l’équipe – (service de santé) s’est mis en place. Les collaborateurs sont   investis dans leur travail et conscients de l’importance de leur travail. 
Les horaires ont été aménagés. Nous commençons plus tôt le matin, cela rassure certaines personnes, et finissons plus tôt. 
Nous avons une mission en reporting des traitements lourds et pour les personnes âgées. Elles demandent à être aidées, rassurées, nous pouvons entre autres prendre leur tension. 
 Ce point est clair et se fait en collaboration avec la Sécurité Sociale. 
Une organisation d’accueil a été mise en place, afin de respecter les distances préconisées.
J’appréhende plus le manque de médicaments spécifiques qui viennent de l’étranger. Non pas la pénurie de paracétamol qui a provoqué un début de panique, à mon échelle j’ai un stock de 6 mois ! 
 
Quelle est la fréquentation de l’officine ? : 
 
Elle est en baisse, les gens respectent le confinement, mais craignent aussi de fréquenter les pharmacies. Je tiens à rassurer les clients : nous sommes formés et parfaitement équipés. 
Nous faisons du renouvellement d’ordonnance et sommes particulièrement attentifs à ceux qui commençaient de nouveaux traitements.
 
Quels sont les consignes nationales reçues ? 
 
Les syndicats professionnels sont très actifs. Des messages d’alerte quotidiens sont reçus. 
Du côté de l’état les informations ne sont pas claires, voire contradictoires. 
Les consignes de distribution et les arrivages sont aléatoires. 
Il aurait été plus simple d’affecter certains soignants, à une pharmacie référente pour gérer au mieux leurs besoin. L’organisation et l’efficacité aurait été immédiates.
Les patients ont du mal à joindre les spécialistes, ils restent avec de fortes inquiétudes. 
 
Quid des tests ? 
 
Plusieurs existent, on verra si certains nous seront confiés. 
L’idéal étant de détecter non seulement les porteurs sains, mais aussi les personnes infectées et ceux qui ont été malades mais qui ne sont plus contagieux. 
 
 
Comment vivez personnellement la situation ? 
 
Bien et je me dois de montrer plus que jamais un visage rassurant. J’ai comme tous les parents à gérer aussi le quotidien avec les enfants. 
La profession, quel que soit la période induit des comportements hygiénistes. 
Mais avec le Coronavirus, en rentrant, je me change, douche, prend un shampooing avant tout contact avec ma famille. 
 
Je mesure la chance d’avoir l’équipe qui est à mes côtés. Nous avons des comptes rendus chronophages à remplir. Les journées sont plus que jamais bien occupées. 
 
Merci à Mme Du Mesnil de m’avoir accordé cet entretien.
 
 
Cet échange est rassurant sur la capacité d’organisation des officines. 
 
J’ai plus de doutes sur l’approvisionnement des molécules spécifiques. 
Je ne comprends pas que des spécialistes pourtant équipés des protections de bases aient si vite fermés leurs cabinets ! Si c’était pour prêter main forte aux soignants, mais non. 
Les délais qui étaient déjà hallucinants pour avoir un rendez-vous chez par exemple : un cardiologue, un ophtalmologiste, un orl, un gynécologue, un centre antidouleur, à quoi allons-nous arriver ? Nous sommes en pénurie de spécialistes, l’état a réagi beaucoup trop tard sur l’aberration des numérus clausus. 
Une gestion archaïque de la santé, avec chacun qui défend son pré carré. L’omnipotence de certains met la santé publique en danger. Le personnel soignant toujours en première ligne reçoit toujours plus de contraintes administratives et financières. Leur niveau de rémunération est indécent ramené aux responsabilités qui leurs incombent. 
Espérons que cette crise sans précédent verra évoluer ce système qui a depuis longtemps déjà montré ses limites. 





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